• Marie

Le SOPK ou syndrome des ovaires polykystiques



Avez-vous déjà entendu parler de cette maladie ?


Si vous n’êtes pas concernée par les difficultés qu’elle engendre, c’est peu probable.

Elle est encore très peu connue des professionnels de santé, avec un diagnostic très long pouvant aller de 5 à 7 ans, voire plus !


Et pourtant…

Elle touche environ 1 femme sur 7 en âge de procréer, et en fait une des premières causes d’infertilité (elle est souvent diagnostiquée au moment où le couple n’arrive pas à concevoir, ou bien quand la femme arrête la pilule et découvre les symptômes à ce moment-là).


Si vous êtes concernée, rassurez-vous ! Vous n’êtes pas stérile : au contraire, vous avez beaucoup de follicules, la qualité ovocytaire est bonne.


Qu’est-ce que le SOPK ?


Il s’agit d’un dérèglement hormonal (dialogue hypophyse-ovaires non optimal) perturbant les cycles ovariens, avec sécrétion excessive d’hormones androgènes, particulièrement la testostérone (habituellement présente en petite quantité chez les femmes).


Il est souvent associé à des soucis de fertilité, des problèmes de métabolisme (régulation de la glycémie, insulino-résistance…), à des risques plus élevés de développer un diabète de type 2 ou des maladies cardiovasculaires (mais ce n’est pas une fatalité, la naturopathie peut vous aider, nous en reparlerons plus bas) !


Attention, le nom de cette maladie est trompeur : il peut faire penser à des kystes sur les ovaires, alors qu’il s’agit en fait des multiples follicules ovariens au développement inachevé.

Et, vous pouvez être sujette au SOPK, sans aspect polykystique sur l’ovaire.


Tous les SOPK sont différents, les symptômes ne seront pas les mêmes d’une femme à l’autre. Les solutions, donc, ne seront pas les mêmes non plus !


Quels sont les symptômes du SOPK ?


L’hyperandrogénie peut provoquer :

· une hyperpilosité ou de l’hirsutisme (poils poussant à des endroits où ils ne poussent pas habituellement chez les femmes : barbe, cou, autour des tétons, ventre…)

· une chute de cheveux, particulièrement en haut du crâne (alopécie androgénétique)

· de l’acné avec peau et/ou cheveux gras


Le cycle menstruel peut être perturbé :

· cycles longs (35 jours ou plus)

· cycles anovulatoires (pas d’ovulation validée entre 2 périodes de saignements)

· cycles irréguliers

· aménorrhée (pas de règles)


Troubles métaboliques comme :

· le surpoids ou l’obésité

· l’hyperinsulinisme ou insulino-résistance : glycémie élevée

· excroissances des grains de beauté ou de peau

· hyperpigmentation (peau plus foncée) et épaississement de la peau sur certaines zones du corps (souvent au niveau des aisselles ou de l’aine).


Rappelons que ces symptômes sont variables d’une personne à l’autre, vous ne les aurez pas tous !


Ce qui contribue à alimenter le SOPK :


· L’insulino-résistance et l’excès d’insuline dans le sang (hyper insulinémie) contribuent à l’excès d’androgènes.

· L’inflammation chronique, qui peut contribuer à la surproduction d’hormones androgènes et à la résistance à l’insuline.

· Le stress oxydatif, par une augmentation des radicaux libres et une réduction des antioxydants. C’est lui qui peut abimer la paroi des artères et vaisseaux sanguins, prédisposant à des problèmes cardiovasculaires.

· La dysbiose intestinale (déséquilibre entre les bonnes et les mauvaises bactéries dans les intestins) perturbant la digestion, l’humeur, l’immunité…

· Les perturbateurs endocriniens (substances mimant nos hormones) perturbant notre équilibre hormonal.

· Le stress qui augmente la production d’hormones androgènes.

· La pilule contraceptive.


Comment diagnostiquer le SOPK ?


Le diagnostic se fait par :


· Une échographie pelvienne (pour vérifier la présence de « kystes » sur les ovaires),

· Un bilan hormonal sanguin (pour déterminer vos taux d’hormones androgènes),

· Une évaluation de vos cycles (s’ils sont réguliers, longs, absents…).


Une simple échographie pelvienne ou une simple prise de sang n’est pas suffisante pour diagnostiquer le SOPK.


Interprétation des résultats :


Le SOPK est alors diagnostiqué à la suite de ces examens, sur les critères de Rotterdam, c’est-à-dire lorsque vous avez au moins 2 des 3 critères suivants :

· Une hyperandrogénie (hormones androgènes élevées).

· Des cycles menstruels absents, irréguliers, anovulatoires ou longs.

· La présence de « kystes » d’une certaine taille sur les ovaires (ou un des ovaires). Il s’agit en fait des follicules n’étant pas arrivés à maturation et s’accumulant dans les ovaires.


Attention, SOPK et OPK (ovaires polykystiques) sont 2 choses bien distinctes.

- Si vous avez simplement des kystes sur les ovaires, vous n’avez pas de SOPK.

- Si vous n’avez pas de kystes sur les ovaires, vous pouvez avoir le SOPK.


Aussi, si vous avez simplement une hyperandrogénie, vous n’avez pas non plus le SOPK.



Différents types de SOPK


Il existe autant de SOPK que de femmes, il n’y a pas de « profil type » déterminant. C’est pour cela que l’approche de soin doit être personnalisée en fonction des signes que vous présentez.


En revanche, il est possible que vous vous reconnaissiez dans un ou plusieurs de ces 4 grands types de SOPK (qui n’est pas une catégorisation scientifique ou médicale) :


· Le SOPK insulino-résistant (il concerne 70% des SOPK) :

Si votre taux d’insuline et de glycémie est élevé, que vous avez des fringales sucrées, des coups de barre après les repas, un éventuel surpoids, une très grande soif avec des urines fréquentes et/ou une forte transpiration, des infections urinaires…


· Le SOPK inflammatoire :

Si votre digestion est difficile (douleurs intestinales, ballonnements, intolérances alimentaires…), que vous êtes sujette aux maux de tête, à la fatigue, aux douleurs articulaires, douleurs menstruelles, maladies auto-immunes, problèmes de peau (acné, eczéma, psoriasis) …


· Le SOPK lié au stress (fatigue surrénale) :

Si vous êtes anxieuse, avez des problèmes digestifs, des difficultés à vous endormir, de la tachycardie…


· Le SOPK post pilule :

Lorsque vos symptômes apparaissent 3-4 mois après l’arrêt de la pilule. Mais attention, il est fréquent d’avoir des follicules non matures à l’arrêt de la pilule, laissant penser que les ovaires sont polykystiques, alors qu’il faudrait laisser le temps aux cycles de se remettre en place.


Les complications du SOPK


Le SOPK peut s’accompagner d’autres dérèglements :


· Le syndrome prémenstruel : symptômes variés avant voire pendant les règles.


· L’hypothyroïdie (pour 25% des cas de SOPK) car les hormones fonctionnant en synergie dans le corps, celles de la thyroïde peuvent aussi être impactées.


· Le candida : un champignon intestinal ayant trop proliféré (à cause par exemple de la pilule contraceptive, des antibiotiques, du stress, du chlore de l’eau du robinet, de la consommation excessive de sucre raffiné…)


· Le diabète de type 2 : Les déséquilibres glycémiques du SOPK peuvent aller jusqu’au prédiabète ou au diabète.


· L’endométriose ou l’adénomyose

Les dérèglements hormonaux contribuent à l‘endométriose. Il est possible d’avoir à la fois le SOPK et l’endométriose, mais ce sont deux pathologies bien distinctes dont l’approche sera différente.


· Les maladies cardiovasculaires (troubles du rythme cardiaque, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux…) dont les risques augmentent.


· Les fausses couches ou accouchements prématurés, dus à la mauvaise qualité de l’ovulation.


· L’apnée du sommeil, plus souvent chez les personnes en surpoids par obstruction des voies respiratoires.


· La fatigue chronique, par épuisement des glandes surrénales lié au stress.


· Les troubles du comportement alimentaire (hyperphagie, boulimie, anorexie mentale) car résistance à la prise de poids liée à l'insulino-résistance.


· Le cancer de l'endomètre : s’il y a très peu de menstruations (car pas d’ovulation, donc pas de corps jaune pour sécréter la progestérone), l'endomètre ne s'évacue pas, le risque de fibromes et de tumeurs est alors augmenté.


· La dépression, car la progestérone a un effet relaxant, et il en manque !


Là encore, toutes ces complications ne sont pas des fatalités, il est possible d’agir sur chacune d’elles grâce à une hygiène de vie adaptée et un suivi de santé rigoureux.


Lorsque vous avez des difficultés à concevoir


Je le rappelle, vous n’êtes pas stérile, vous pouvez tout à fait tomber enceinte en ayant le SOPK. Mais votre fertilité peut être affectée, voici quelques conseils pour vous mettre sur la bonne voie et « ne pas tomber dans les pièges » :


· Vigilance avec les tests d’ovulation : Ils réagissent au taux de LH (hormone hypophysaire qui déclenche l’ovulation) qui est anormalement haute lorsque l’on a le SOPK (donc, votre taux de LH peut être au-dessus du seuil de tolérance du test, et vous faire croire que vous ovulez alors que ce n’est pas forcément le cas).


· Ne vous fiez pas aveuglément aux applications de dates/calendrier : Elles sont basées sur des prédications avec la moyenne de vos cycles précédents. Or chaque cycle peut être différent.


· La glaire cervicale (sécrétion au niveau du col de l’utérus) :

Elle peut aussi vous faire penser que vous êtes en période d’ovulation : il y a eu des œstrogènes pour produire cette glaire (type humide, glissante, élastique, transparente…), mais pas suffisamment pour ovuler. Il peut y avoir plusieurs « faux départs de glaire fertile » non concluants. La montée de glaire n’est donc pas suffisante pour valider une ovulation.


· Le seul moyen (hormis une échographie) de vérifier si votre ovulation a eu lieu est la prise de température : la progestérone sécrétée après l’ovulation fait augmenter votre température basale. Attention, quand il s’agit d’observer son cycle, il y a quelques petites règles à connaître pour prendre correctement sa température !


Il n’y a qu’en suivant vos symptômes de fertilité au jour le jour que vous pouvez déterminer vos périodes fertiles et infertiles. Bienvenue à la symptothermie qui pourra grandement vous aider !


Si vous êtes sous pilule, je vous conseille de l’arrêter minimum 1 an avant de concevoir, et même plus tôt dans le cas d’un SOPK, pour avoir le temps de le renverser au naturel et de concevoir sans recours à l’assistance médicale.


Quelles sont les causes possibles du SOPK ?


L’origine du déséquilibre hormonal du SOPK n’est pas encore clairement identifié mais pourrait être à la fois central (au niveau du cerveau, qui contrôle la sécrétion des hormones orchestrant le cycle ovarien) et ovarien directement (par la sécrétion excessive de certaines hormones).


Les causes de ces dérèglements sont probablement multifactorielles :


· Génétiques : Une vingtaine de gènes de prédisposition ont été identifiés, mais ils expliqueraient moins de 10% des cas de SOPK. Les antécédents familiaux exposent à un surrisque d’environ 30% de développer la maladie.


· Epigénétiques (modification dans l’activité des gènes).


· Environnementaux : Les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés de jouer un rôle dans l’apparition de la maladie, sans preuve établie à ce jour.


· Mais aussi l’inflammation (porosité intestinale) et la pilule contraceptive (qui agit directement sur le cerveau pour induire un « faux cycle »).



Comment la naturopathie peut-elle m’aider dans le cadre du SOPK ?


Un accompagnement en naturopathie ne peut pas vous garantir la guérison de votre SOPK, mais elle peut vous aider à retrouver du confort : apaiser vos douleurs menstruelles, réguler vos cycles, votre thyroïde, réduire votre fatigue, vos troubles digestifs, votre diabète, vos risques de développer des maladies cardiovasculaires… Et concevoir plus facilement si cela est votre projet.


Comment ?


En fonction de votre type de SOPK, de vos symptômes ainsi que de votre tempérament et de vos habitudes, plusieurs axes peuvent être envisagés :


· Un travail en nutrition, permettant de :

- réguler votre glycémie

- réparer votre microbiote intestinal

- réduire l’inflammation

- soutenir vos glandes surrénales

- réduire les androgènes

- favoriser l’ovulation et la fertilité


· Un travail sur le foie qui gère le recyclage des hormones.


· Adopter une activité physique adaptée à votre SOPK (permettant de relancer les organes d’élimination des déchets du corps et de réguler le stress).


· La gestion du stress, ayant un impact important sur la production hormonale (les fleurs de Bach et exercices respiratoires peuvent vous soutenir dans cette démarche).


· Dans certains cas, des compléments alimentaires peuvent être utiles (plantes et micro nutrition).


· L’amélioration de votre sommeil.


· La réduction des perturbateurs endocriniens présents dans votre quotidien.


· Travail en « décodage biologique » pour travailler sur un éventuel traumatisme déclencheur.


· Travail sur la confiance en soi et son rapport au corps.


· Tout autre problématique qui vous est personnelle et qui soutiendra ce travail général, notamment la fertilité !


Les résultats peuvent se faire sentir dès 6 mois. En revanche, votre mode de vie (alimentation, stress…) qui se dégraderait à nouveau pourrait « réveiller » votre SOPK.



N’hésitez pas à vous documenter, et à contacter les professionnels de santé connaissant les mécanismes du SOPK, et avec lesquels vous vous sentez en confiance. Il existe également des associations pour vous orienter sur votre parcours de soin.


Vous n’êtes pas seule !





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